Un nouveau professionnel de santé pour améliorer l’accès aux soins

La création de la profession d’assistant en santé bucco-dentaire s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions dans l’accès aux soins dentaires. De nombreux territoires restent sous-dotés en praticiens, tandis que les besoins de prévention et de suivi bucco-dentaire progressent.

Pour répondre à ces difficultés, les sénateurs ont adopté une proposition de loi visant à créer un métier intermédiaire entre l’assistant dentaire et le chirurgien-dentiste. L’objectif est double : améliorer la prise en charge des patients et permettre aux praticiens de se concentrer davantage sur les actes les plus techniques.

Le texte introduit ainsi dans le Code de la santé publique un statut spécifique d’« assistant en santé bucco-dentaire », reconnu comme professionnel de santé exerçant sous la responsabilité d’un chirurgien-dentiste ou d’un médecin intervenant dans le champ de la chirurgie dentaire.

Cette évolution s’inscrit également dans une logique d’évolution professionnelle pour les assistants dentaires expérimentés, qui pourront accéder à cette nouvelle fonction après une formation complémentaire.

Des missions cliniques au sein des cabinets dentaires

L’assistant en santé bucco-dentaire sera amené à participer directement à certaines activités cliniques. Le texte adopté par le Sénat prévoit notamment qu’il puisse intervenir dans plusieurs types d’actes réalisés au cabinet.

Parmi les missions envisagées figurent la participation aux actes d’imagerie à visée diagnostique, aux soins prophylactiques ou encore à la prophylaxie orthodontique. Le professionnel pourra également contribuer à certains soins post-chirurgicaux, toujours sous la responsabilité du praticien.

Ces interventions se feront sous le contrôle effectif du chirurgien-dentiste, qui conserve la responsabilité des actes réalisés. L’objectif est d’optimiser l’organisation du travail au cabinet et de permettre aux praticiens de consacrer davantage de temps aux actes thérapeutiques nécessitant leur expertise.

Ce modèle existe déjà dans plusieurs pays européens, où des professionnels intermédiaires interviennent pour soutenir l’activité des chirurgiens-dentistes.

Un rôle renforcé en matière de prévention

Au-delà des actes réalisés au cabinet, la nouvelle profession aura également un rôle important dans les actions de prévention et d’éducation à la santé bucco-dentaire.

Le texte prévoit en effet que les assistants en santé bucco-dentaire puissent intervenir dans différents environnements : établissements scolaires, structures médico-sociales ou établissements de santé. Dans ces situations, ils pourront mener des actions de prévention, d’éducation à la santé bucco-dentaire ou de suivi prophylactique.

Ces interventions pourront être réalisées sans supervision directe du chirurgien-dentiste, tout en restant sous sa responsabilité. Une convention devra toutefois encadrer les conditions d’intervention entre le praticien et la structure d’accueil.

Cette dimension préventive constitue l’un des piliers de la réforme. L’objectif est de renforcer les actions de sensibilisation, notamment auprès des enfants ou des publics fragiles, afin de prévenir les pathologies bucco-dentaires et de réduire le recours aux soins curatifs.

Des lieux d’exercice diversifiés

Selon la proposition de loi adoptée par le Sénat, les assistants en santé bucco-dentaire pourront exercer dans plusieurs types de structures.

Leur activité pourra se dérouler dans un cabinet dentaire, mais également dans un établissement de santé, un établissement social ou médico-social, ou encore dans un établissement d’enseignement. Ils pourront aussi intervenir dans toute structure autorisée à délivrer des soins bucco-dentaires. Comme les autres professionnels de santé, ils seront soumis au respect du secret professionnel.

Cette diversification des lieux d’exercice vise à favoriser le déploiement d’actions de prévention dans des contextes variés, en particulier auprès de publics qui consultent peu les cabinets dentaires.

Une profession accessible aux assistants dentaires expérimentés

L’accès à la nouvelle profession sera encadré. Le texte prévoit que les assistants en santé bucco-dentaire devront être titulaires d’un titre de formation spécifique et justifier d’une expérience préalable en tant qu’assistant dentaire.

Les modalités précises de la formation (conditions d’accès, durée d’exercice préalable, référentiel de compétences et délivrance du diplôme) seront définies par arrêté du ministre chargé de la Santé, après consultation de professionnels du secteur.

Des passerelles devraient également être prévues pour les étudiants en chirurgie dentaire, qui pourront être autorisés à exercer cette activité pendant leurs études sous certaines conditions.

Par ailleurs, les assistants dentaires déjà en poste pourraient accéder à cette nouvelle qualification via des dispositifs de formation continue, ce qui ouvrirait de nouvelles perspectives d’évolution professionnelle dans la filière odontologique.

Une réforme encore attendue par la profession

La création de la profession d’assistant en santé bucco-dentaire marque une étape dans l’évolution de l’organisation des soins dentaires. En confiant certaines missions techniques et préventives à ces nouveaux professionnels, les pouvoirs publics espèrent améliorer la prise en charge des patients et réduire les délais d’accès aux soins.

Le texte adopté par le Sénat doit encore poursuivre son parcours législatif et être complété par plusieurs décrets d’application pour préciser les actes autorisés, les modalités de formation et les conditions d’exercice.

Si la réforme se concrétise, les cabinets dentaires pourraient ainsi intégrer progressivement ces nouveaux professionnels dans leurs équipes, avec l’objectif de renforcer la prévention et de fluidifier l’organisation des soins bucco-dentaires.

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