Sans grande surprise, la réponse est oui. Comme dans les études de santé, les étudiants vétérinaires doivent progressivement s’équiper pour les travaux pratiques, les stages et les activités cliniques. Blouse, stéthoscope, matériel de dissection, bottes, équipements de protection ou encore petit matériel médical : certaines dépenses apparaissent dès la première année et s’accumulent au fil du cursus.
Même si les écoles prêtent parfois certains équipements, une partie du matériel reste à la charge des étudiants. Le budget varie fortement selon les établissements, les habitudes d’achat et le niveau de gamme choisi.
Certains étudiants limitent les dépenses grâce à l’occasion ou aux achats groupés, tandis que d’autres investissent rapidement dans du matériel durable qu’ils conserveront ensuite en clinique.
Du matériel dès les premières années d’études
Contrairement à certaines idées reçues, les achats ne commencent pas uniquement pendant les années cliniques. Dès les premières promotions, les étudiants doivent souvent prévoir plusieurs équipements obligatoires ou fortement recommandés.
Les besoins concernent principalement :
- les travaux pratiques d’anatomie ;
- les dissections ;
- les manipulations en laboratoire ;
- les premiers stages ;
- les activités au contact des animaux.
Le stéthoscope, achat emblématique des études vétérinaires
Même s’il n’est pas forcément indispensable dès les premiers mois, beaucoup préfèrent s’équiper rapidement pour les travaux pratiques et les stages d’observation.
Les modèles destinés aux étudiants coûtent généralement entre 40 et 120 euros selon les sites spécialisés concernés;
Les modèles haut de gamme dépassent facilement les 150 euros, mais la majorité des étudiants commencent avec un modèle intermédiaire, plus accessible financièrement.
Une trousse de dissection souvent obligatoire
Autre achat fréquent dès la première année : la trousse de dissection.
Elle sert pendant les travaux pratiques d’anatomie et peut contenir :
- scalpels ;
- pinces ;
- ciseaux ;
- sondes ;
- aiguilles ;
- manches de bistouri.
Le prix d’une trousse basique démarre autour de 20 euros, mais les kits plus complets peuvent atteindre 70 à 80 euros selon la qualité des instruments.
Les étudiants privilégient souvent les instruments en inox, notamment pour les trousses de dissection et certains accessoires médicaux, car ils résistent mieux à l’humidité, aux produits de désinfection et aux manipulations répétées pendant les travaux pratiques.
Les modèles d’entrée de gamme fabriqués avec des alliages moins robustes peuvent rapidement se détériorer : lames qui s’émoussent, pinces qui prennent du jeu ou traces d’oxydation après plusieurs nettoyages.
Même si l’investissement initial est légèrement plus élevé, beaucoup d’étudiants considèrent donc l’inox comme plus rentable sur l’ensemble du cursus, d’autant qu’une partie du matériel peut ensuite être réutilisée en clinique ou pendant les stages.
Certaines boutiques spécialisées vont plus loin en proposant des “packs école vétérinaire” directement conçus pour répondre aux besoins des étudiants d’un établissement précis. Ces kits regroupent généralement l’ensemble des instruments demandés pour les travaux pratiques d’anatomie ou les premières manipulations cliniques. Il existe par exemple des packs adaptés aux listes de matériel fournies par des écoles.
Blouses, tenues et équipements de protection
Les travaux pratiques et les stages imposent aussi l’achat de vêtements spécifiques.
La blouse blanche reste le minimum demandé dans la plupart des écoles. Beaucoup d’étudiants en achètent plusieurs afin de pouvoir alterner entre les TP, les stages et les gardes.
Le budget moyen observé :
- 15 à 30 euros pour une blouse simple ;
- jusqu’à 50 euros pour des modèles plus résistants ou techniques.
Avec les stages en élevage ou en milieu rural, les besoins augmentent rapidement :
- bottes ;
- chaussures de sécurité ;
- combinaison ;
- vêtements imperméables ;
- gants ;
- protections diverses.
Les années cliniques font grimper les dépenses
À mesure que le cursus avance, le matériel devient plus spécialisé.
Pendant les années cliniques, les étudiants utilisent davantage :
- de matériel d’examen ;
- d’accessoires médicaux ;
- d’équipements de protection ;
- d’outils de diagnostic.
Les achats concernent notamment :
- thermomètres vétérinaires ;
- lampes stylo ;
- ciseaux médicaux ;
- montres infirmières ;
- sabots médicaux ;
- carnets de suivi clinique.
Quel budget total prévoir pendant les études vétérinaires ?
Le coût total du matériel varie fortement selon les profils.
Les étudiants qui privilégient :
- l’occasion ;
- les achats groupés ;
- l’entrée de gamme ;
- les prêts entre promotions,
... peuvent limiter les dépenses autour de quelques centaines d’euros.
Ce montant ne comprend pas :
- le logement ;
- les frais de transport ;
- l’alimentation ;
- les frais de scolarité éventuels ;
- les déplacements en stage.
Les stages peuvent entraîner des frais supplémentaires
Les études vétérinaires comprennent de nombreuses périodes de stage :
- en clinique ;
- en cabinet ;
- en élevage ;
- en laboratoire ;
- dans des structures équines.
Ces stages génèrent parfois des dépenses annexes importantes.
Les étudiants doivent souvent financer :
- les trajets ;
- l’hébergement temporaire ;
- les repas ;
- certains équipements adaptés au terrain.
Dans les structures rurales ou équines, les conditions de travail sont souvent plus physiques et plus exposées qu’en clinique pour animaux de compagnie. Les étudiants doivent donc parfois investir dans des équipements adaptés au terrain : bottes antidérapantes, chaussures de sécurité renforcées, vêtements imperméables, pantalons résistants, gilets de protection ou encore tenues capables de supporter la boue, l’humidité et les nettoyages fréquents.
En pratique équine, certains stages peuvent également nécessiter le port d’équipements de sécurité supplémentaires en raison des risques liés à la manipulation des chevaux. Ces dépenses s’ajoutent aux frais de déplacement et d’hébergement souvent plus importants lors des stages en milieu rural.
Où les étudiants achètent-ils leur matériel ?
Plusieurs circuits coexistent aujourd’hui.
Les boutiques spécialisées en matériel médical
Elles restent très utilisées pour :
- les stéthoscopes ;
- les instruments médicaux ;
- les vêtements professionnels.
Les fournisseurs vétérinaires
Les plateformes spécialisées dans le matériel vétérinaire vendent :
- instruments ;
- consommables ;
- équipements de terrain ;
- accessoires cliniques.
Elles proposent parfois des packs étudiants.
Les achats groupés via les BDE
Les bureaux des étudiants jouent souvent un rôle important.
Dans plusieurs écoles vétérinaires, des commandes groupées permettent de négocier :
- des tarifs réduits ;
- des packs rentrée ;
- des livraisons directement sur le campus.
Le marché de l’occasion
C’est l’une des principales solutions utilisées pour réduire les dépenses.
Les étudiants rachètent régulièrement :
- stéthoscopes ;
- bottes ;
- blouses ;
- livres ;
- instruments de dissection.
Les livres vétérinaires représentent aussi un coût important
Le matériel n’est pas la seule dépense liée aux études.
Les ouvrages spécialisés peuvent rapidement faire grimper le budget annuel.
Les manuels de :
- chirurgie ;
- anatomie ;
- physiologie ;
- médecine interne ;
- pharmacologie,
- coûtent souvent entre 40 et 120 euros pièce.
Des études réputées coûteuses et exigeantes
Le coût du matériel s’ajoute à un cursus déjà réputé exigeant.
Les études vétérinaires figurent parmi les formations supérieures les plus sélectives en France, avec :
- un rythme de travail soutenu ;
- de nombreux stages ;
- des gardes ;
- des déplacements fréquents.
Certaines associations étudiantes alertent régulièrement sur la précarité d’une partie des élèves vétérinaires, notamment face à :
- l’inflation ;
- l’augmentation des loyers ;
- les coûts de transport ;
- les frais liés aux stages.
Faut-il acheter du matériel haut de gamme dès le début ?
Les étudiants ne sont pas obligés d’investir immédiatement dans du matériel haut de gamme. En début de cursus, des équipements intermédiaires ou d’entrée de gamme suffisent souvent pour les travaux pratiques et les premiers stages. Les achats plus coûteux interviennent généralement plus tard, notamment pendant les années cliniques ou en fonction de la spécialisation envisagée.
Il est donc recommandé :
- de commencer avec du matériel simple ;
- d’attendre les années cliniques pour investir davantage ;
- de tester plusieurs équipements avant d’acheter du haut de gamme.
- Un stéthoscope professionnel très coûteux n’est pas toujours nécessaire dès la première année.
Même logique pour les vêtements techniques ou certains instruments spécialisés.
Les achats évoluent généralement en fonction :
- des stages ;
- des préférences de pratique ;
- des futures spécialisations ;
- du projet professionnel.
Un investissement qui se prolonge souvent dans la vie professionnelle
Une partie du matériel acheté pendant les études continue ensuite d’être utilisée après le diplôme.
C’est particulièrement vrai pour :
- les stéthoscopes ;
- certains instruments ;
- les vêtements professionnels ;
- les accessoires de consultation.
Les jeunes vétérinaires doivent ensuite compléter leur équipement en fonction de leur exercice :
- animaux de compagnie ;
- équin ;
- rural ;
- laboratoire ;
- urgence ;
- chirurgie.
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