• L'échéance approche pour les étudiants engagés dans la préparation du concours national d'internat en pharmacie. Les 15 et 16 décembre prochains, les candidats composeront à l'Espace Jean-Monnet de Rungis, conformément au calendrier fixé par l'arrêté du 3 août 2026, publié au Journal officiel du 6 août.
  • Le concours ouvre l'accès aux diplômes d'études spécialisées (DES), notamment en pharmacie hospitalière et en biologie médicale. L'admission détermine la possibilité de poursuivre un cursus spécialisé, mais aussi, selon le classement obtenu et les postes proposés, le choix de la spécialité et du territoire d'affectation.
  • À quelques semaines des épreuves, la préparation scientifique ne constitue toutefois pas le seul point de vigilance. Plusieurs dispositions réglementaires encadrent strictement les candidatures, les demandes d'aménagement et les secondes présentations au concours.

Trois épreuves, 620 points : le programme des 15 et 16 décembre

Le concours national comprend trois épreuves écrites et anonymes. Leur organisation et leur cotation sont fixées par l'arrêté du 12 avril 2012 modifié.

Mardi 15 décembre 2026

11 heures : Questions de connaissances générales : 60 questions à choix multiples (QCM), d'une durée de 1 h 30, notées sur 120 points.

15 h 30 : Exercices d'application : cinq exercices, numériques ou non numériques, d'une durée totale de deux heures. Chaque exercice est noté sur 40 points, soit 200 points pour l'ensemble.

Mercredi 16 décembre 2026

9 h 30 : Dossiers thérapeutiques et biologiques : cinq dossiers, pour une durée totale de trois heures. Chaque dossier est noté sur 60 points, soit 300 points.

Près de la moitié des points se jouent sur les dossiers thérapeutiques et biologiques

Avec un total de 620 points, les trois épreuves ne présentent pas le même poids dans le classement final.

Les QCM de connaissances générales représentent 19,4 % de la note totale, contre 32,3 % pour les exercices d'application. Les dossiers thérapeutiques et biologiques concentrent, à eux seuls, 48,4 % des points.

Cette pondération donne une importance particulière à la maîtrise du raisonnement pharmaceutique et à la capacité d'exploitation des données cliniques et biologiques.

Les candidats doivent analyser les informations contenues dans les dossiers et répondre aux questions associées. Selon les sujets, celles-ci peuvent porter sur des connaissances générales, l'interprétation de données biologiques ou des situations thérapeutiques.

Le règlement autorise également des questions relatives aux valeurs biologiques usuelles, dans la limite de cinq points par dossier.

La capacité à mobiliser plusieurs disciplines, à structurer un raisonnement et à justifier une réponse prend donc une place considérable dans la notation.

Inscriptions closes depuis septembre : qui peut encore candidater ?

Pour la session de décembre 2026, la période ordinaire d'inscription s'est déroulée du 1er au 30 septembre 2026.

Les candidatures étaient déposées sur une plateforme accessible depuis le site du Centre national de gestion (CNG). Les étudiants devaient notamment fournir une pièce d'identité valide, une attestation de leur UFR établissant les conditions universitaires requises et, le cas échéant, les justificatifs permettant de bénéficier d'une dérogation.

L'arrêté précise qu'une inscription absente ou incomplète après la clôture des inscriptions entraîne le rejet de la candidature.

Il n'existe donc pas de réouverture générale pour les étudiants qui auraient oublié de s'inscrire avant le 30 septembre.

Du 1er au 15 novembre : une seconde inscription... sous conditions

La prochaine échéance concerne les lauréats du concours national organisé au titre de l'année universitaire 2026-2027, qui prennent leurs fonctions d'internes en novembre 2026.

S'ils souhaitent retenter le concours pour obtenir un nouveau classement et, éventuellement, une autre affectation, ils peuvent déposer un dossier entre le 1er et le 15 novembre 2026.

Cette possibilité est encadrée par les articles D. 633-7 et D. 633-8 du Code de l'éducation.

Les candidats concernés doivent joindre à leur dossier une copie de la lettre signée adressée à trois destinataires :

  • leur unité de formation et de recherche (UFR) ;
  • leur centre hospitalier universitaire (CHU) de rattachement ;
  • l'agence régionale de santé (ARS) dont ils relèvent.

Cette lettre informe les trois organismes de leur intention de renoncer au bénéfice du premier concours.

Retenter l'internat n'est pas sans conséquence sur son affectation

Le Code de l'éducation prévoit que les résultats obtenus à la seconde tentative se substituent à ceux de la première.

Cette disposition appelle une vigilance particulière : un interne ne peut pas conserver sa première affectation comme solution de repli après avoir utilisé son droit à une nouvelle tentative dans les conditions prévues par les textes.

Le candidat doit donc mesurer les conséquences de sa démarche, notamment lorsqu'il souhaite obtenir une autre spécialité ou changer de région.

Les fonctions d'interne déjà validées après le premier concours peuvent toutefois être prises en compte en cas de réussite à la nouvelle session, selon des modalités fixées par les conseils des UFR.

Combien de fois un étudiant peut-il passer le concours ?

Le droit commun permet de se présenter au concours au titre de deux années parmi les trois années suivant la validation de la quatrième année des études pharmaceutiques, ou de la formation de pharmacien équivalente prévue par le Code de l'éducation.

Les étudiants ne disposent donc pas d'un nombre illimité de tentatives.

Des prolongations peuvent néanmoins être accordées lorsqu'un candidat n'a pas pu participer aux épreuves pour des motifs expressément prévus par la réglementation.

Aménagements d'épreuves : une demande à déposer avant le 31 octobre

Autre échéance immédiate : les candidats dont l'état de santé nécessite des conditions particulières de composition ont jusqu'au 31 octobre 2026 pour transmettre leur demande d'aménagement au CNG.

L'arrêté prévoit la production d'une attestation délivrée par un médecin de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ou par un médecin désigné par la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH).

Ce document doit préciser la durée du temps additionnel éventuellement sollicité ainsi que les aménagements particuliers proposés.

Une copie du document attestant la qualité de personne handicapée est également demandée lorsque le candidat en dispose.

Les candidats concernés doivent vérifier que leur dossier comporte bien les pièces exigées. Une simple demande formulée auprès de leur faculté ne remplace pas la procédure prévue auprès du CNG.

Empêchement médical, congé parental ou force majeure : un report possible jusqu'au 15 février 2027

Le règlement prévoit également des situations dans lesquelles un candidat peut demander la préservation de son droit à concourir lorsqu'il a été empêché de participer aux épreuves.

Les motifs mentionnés sont notamment :

  • un congé de maternité ;
  • un congé de paternité ;
  • un congé d'adoption ;
  • une raison médicale dûment justifiée ;
  • un cas de force majeure, individuel ou collectif.

Pour la session de décembre 2026, la demande de report du droit à concourir doit être transmise au CNG au plus tard le 15 février 2027, accompagnée des pièces justificatives.

Cette disposition ne doit pas être confondue avec une session de rattrapage.

Elle vise à préserver les possibilités de candidature d'un étudiant empêché de participer au concours pour l'un des motifs reconnus par la réglementation.

La prolongation intervient dans les conditions prévues par l'article D. 633-7 du Code de l'éducation.

Classement : comment les lauréats sont-ils départagés ?

À l'issue des épreuves, le jury établit deux listes de classement : une liste principale et une liste complémentaire, dans les conditions prévues par les textes.

Le classement repose sur les résultats obtenus aux différentes épreuves.

En cas d'égalité de points entre deux candidats, l'arrêté du 12 avril 2012 prévoit plusieurs critères successifs de départage.

La meilleure note obtenue aux dossiers thérapeutiques et biologiques est examinée en premier. Si l'égalité persiste, la note des exercices d'application est prise en compte. En dernier recours, le candidat le plus âgé est classé devant l'autre.

Les résultats sont notifiés aux candidats par le CNG et les listes sont publiées sur son site internet.

Le classement joue ensuite un rôle déterminant lors de la procédure nationale d'affectation, puisque le choix de la spécialité et du lieu de formation dépend du rang obtenu et des postes ouverts.

Pharmacie hospitalière ou biologie médicale : des orientations professionnelles distinctes

L'internat conduit à des cursus spécialisés qui préparent à des exercices professionnels différents.

Le DES de pharmacie hospitalière forme notamment aux activités des pharmacies à usage intérieur (PUI), à la pharmacie clinique, à la sécurisation du circuit des produits de santé, à la pharmacotechnie et aux responsabilités liées à la prise en charge médicamenteuse des patients.

Il comprend plusieurs options, dont la pharmacie hospitalière générale, le développement et la sécurisation des produits de santé et la radiopharmacie.

Le DES de biologie médicale, commun aux filières d'accès médicale et pharmaceutique, prépare à l'exercice de la biologie médicale. La formation comprend plusieurs phases et des stages dans différentes disciplines biologiques.

Ces parcours associent formation théorique, activité hospitalière et acquisition progressive de compétences spécialisées.

La sélection ne se limite donc pas à l'obtention d'une place à l'internat : le rang de classement conditionne aussi les possibilités d'orientation, sous réserve des capacités d'accueil.

Affectations : le rendez-vous du 16 septembre 2027

La réussite au concours de décembre ne débouche pas immédiatement sur une affectation.

L'arrêté du 3 août 2026 fixe la procédure nationale de choix de poste au 16 septembre 2027.

La procédure de choix est nationale et informatisée.

Les lauréats expriment leurs préférences d'affectation en fonction de plusieurs paramètres, notamment la spécialité, la région, la subdivision et le CHU de rattachement.

Un point mérite une attention particulière : selon l'article 20 de l'arrêté du 12 avril 2012, un candidat qui n'exprime pas de vœux, ou qui en formule un nombre insuffisant pour permettre son affectation, perd le bénéfice de son classement.

Il est donc nécessaire d'anticiper les différentes possibilités géographiques et disciplinaires, plutôt que de limiter ses choix à un établissement particulièrement recherché.

À l'issue de cette procédure, les affectations sont publiées au Journal officiel.

Les lauréats peuvent alors engager les formalités universitaires et hospitalières correspondant à leur futur lieu de formation.

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