Parcoursup remplacé en 2028, mais de premiers changements dès 2027

C'est l'une des annonces les plus spectaculaires du gouvernement : Parcoursup doit disparaître sous sa forme actuelle à l'horizon 2028. D'ici là, la plateforme restera le passage obligé de nombreux candidats aux études supérieures, notamment en santé et dans les écoles nationales vétérinaires.

Pour la campagne 2027, plusieurs modifications ont été annoncées. Les formations devront rendre leurs critères d'examen des candidatures plus accessibles et expliciter les motifs de refus. Les lycéens bénéficieront également d'un accompagnement à l'orientation dès la seconde et, lorsque les établissements pourront l'organiser, d'une journée d'immersion dans l'enseignement supérieur.

Un comité associant lycéens et enseignants doit formuler ses premières recommandations d'ici fin novembre 2026. Le futur système d'admission pourrait notamment revoir la prise en compte du contrôle continu et intégrer un outil d'aide à l'orientation utilisant l'intelligence artificielle.

1 000 places supplémentaires en santé : qui pourra réellement en bénéficier ?

Le gouvernement promet 15 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur entre 2027 et 2028. Leur répartition est déjà annoncée :

  • 10 000 places en BTS dès la rentrée 2027 ;
  • 4 000 places en BUT sur deux ans ;
  • 1 000 places universitaires accompagnant la nouvelle licence portail santé sur la même période.
  • Pour les futurs pharmaciens et chirurgiens-dentistes, ce dernier chiffre retient particulièrement l'attention.

Mais une précision s'impose : ces 1 000 places concernent l'accueil universitaire dans le cadre de la licence portail santé. Elles ne correspondent pas nécessairement à 1 000 admissions supplémentaires en deuxième année de pharmacie, d'odontologie ou de médecine.

La répartition géographique des nouvelles capacités, les disciplines concernées et leurs conséquences sur les admissions dans chaque filière restent à préciser.

L'ouverture de places implique également des moyens pédagogiques. Le gouvernement annonce 204 emplois d'enseignants supplémentaires dans les universités sur 2027 et 2028 pour accompagner ces créations.

Pharmacie et odontologie : la rentrée 2027 marquera aussi la fin du PASS et des LAS

Les annonces du 26 octobre interviennent seulement deux jours après une autre décision majeure pour les étudiants en santé.

Le décret du 23 octobre 2026, publié au Journal officiel le lendemain, acte le remplacement du PASS et des licences avec accès santé (LAS) par une licence portail santé, à partir de la rentrée universitaire 2027.

Cette nouvelle première année, commune dans son principe aux candidats à la médecine, à la pharmacie, à l'odontologie et à la maïeutique, reposera sur trois blocs d'enseignements : les connaissances en santé, une discipline universitaire complémentaire et des compétences transversales.

Les candidats formuleront un vœu en licence portail santé, accompagné de sous-vœux correspondant aux disciplines proposées.

Le dispositif prévoit aussi des possibilités de poursuite en licence disciplinaire ou en formation en soins infirmiers pour les étudiants qui n'intégreraient pas immédiatement la filière de santé souhaitée.

La sélection à l'issue de la première année demeure. Les étudiants conserveront deux possibilités de candidature, selon les règles prévues par le décret.

Un point reste particulièrement sensible pour la pharmacie. L'expérimentation de places réservées aux candidats souhaitant exclusivement rejoindre cette filière, évoquée au printemps, ne figure pas dans le décret finalement publié. Les fédérations étudiantes ont accueilli favorablement le maintien d'une voie commune, tandis que la question de l'attractivité propre aux études pharmaceutiques reste posée.

Et pour les futurs vétérinaires ?

Les candidats aux écoles nationales vétérinaires sont également concernés par les évolutions de Parcoursup, mais pas par la création de la licence portail santé.

L'accès post-baccalauréat aux écoles vétérinaires publiques repose sur un concours commun, avec des modalités d'évaluation et d'admission propres à cette formation.

La session 2027 comporte déjà une évolution : le concours post-bac s'ouvre également, sous les conditions prévues, aux candidats préparant un baccalauréat technologique STL ou STAV, en plus de ceux de la voie générale.

Les candidats peuvent consulter les modalités sur le site officiel du concours vétérinaire post-bac.

Quant aux 1 000 places universitaires annoncées en santé, elles ne comprennent pas de contingent supplémentaire identifié pour les écoles vétérinaires.

Bourses étudiantes : une hausse liée à l'inflation dès 2027

Pour les étudiants déjà engagés dans un cursus, l'annonce la plus directement liée au pouvoir d'achat concerne les bourses sur critères sociaux.

L'effort financier annoncé atteint 37 millions d'euros supplémentaires en 2027, puis 121 millions en 2028 et 220 millions en 2029, par rapport à 2026.

Les montants individuels dépendront des barèmes qui seront publiés et de la situation de chaque bénéficiaire. Les étudiants des différentes filières devront vérifier les dispositifs applicables à leur formation, notamment lorsque leur établissement relève d'un ministère différent de celui de l'Enseignement supérieur.

Le gouvernement rappelle également la généralisation du repas à 1 euro à tous les étudiants depuis le 4 mai 2026 et la poursuite du programme de création de 45 000 logements étudiants sur la période 2025-2027.

Santé mentale et campus : de nouvelles dépenses annoncées

Le gouvernement prévoit de consacrer un milliard d'euros supplémentaires à la rénovation de bâtiments universitaires d'ici 2029. Une cinquantaine d'opérations doivent être engagées ou accompagnées à travers le territoire, avec plus de 200 millions d'euros mobilisés pour de premiers travaux d'ici l'été 2027.

Cette enveloppe concerne l'ensemble de l'enseignement supérieur. Aucun montant propre aux facultés de pharmacie ou d'odontologie n'a été détaillé.

Le ministère prévoit par ailleurs de mobiliser prioritairement le service sanitaire des étudiants en santé dans les lycées, afin de développer des actions de prévention auprès des adolescents.

Une orientation susceptible de concerner directement les étudiants en pharmacie et en odontologie participant à ce dispositif pendant leur cursus.

Les organisations étudiantes attendent désormais des moyens

Les annonces n'ont pas mis fin aux critiques des représentants étudiants.

Dès le 17 octobre, les fédérations d'étudiants en médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie avaient apporté leur soutien à la mobilisation nationale, dénonçant notamment la précarité étudiante, les difficultés d'accès aux formations et la dégradation des conditions d'études.

Le 27 octobre, l'ANEPF, l'ANEMF, l'ANESF, la FNEK et la FAGE ont salué la publication du décret instaurant la licence portail santé, tout en demandant des garanties financières.

Une inquiétude qui dépasse les modalités d'inscription. Pour les futurs professionnels de santé, le nombre de places ouvertes en première année ne suffit pas, à lui seul, à mesurer les possibilités réelles de formation.

Encore faut-il pouvoir accéder à la filière choisie, bénéficier d'un enseignement adapté et trouver des stages dans des structures capables d'accueillir les étudiants.

Entre le remplacement annoncé de Parcoursup, les nouvelles places promises et la réforme déjà actée des études de santé, la rentrée 2027 s'annonce particulièrement chargée pour les futurs pharmaciens et chirurgiens-dentistes.

Les textes d'application, les capacités d'accueil par établissement et les arbitrages du budget 2027 permettront de mesurer la portée réelle des engagements gouvernementaux.

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