En France, la biologie médicale est considérée comme une spécialité médicale à part entière. Elle peut être exercée aussi bien par des médecins que par des pharmaciens titulaires d’une spécialisation dédiée. Le pharmacien biologiste médical intervient aussi bien dans les laboratoires privés que dans les établissements hospitaliers, la recherche ou certaines structures de santé publique.

Un professionnel au cœur du diagnostic

Le pharmacien biologiste médical est responsable de l’ensemble de “l’acte de biologie médicale”. Celui-ci comprend plusieurs étapes : le prélèvement, l’analyse, la validation biologique des résultats puis leur interprétation au regard de la situation clinique du patient.

Concrètement, il peut intervenir sur des examens très variés :

  • analyses sanguines ;
  • dépistage d’infections ;
  • suivi du diabète ;
  • bilans hormonaux ;
  • examens de génétique ;
  • microbiologie ;
  • immunologie ;
  • hématologie ;
  • biologie moléculaire.

Le biologiste médical travaille en lien étroit avec les médecins prescripteurs. Son rôle ne consiste pas uniquement à produire un résultat chiffré : il doit aussi vérifier la cohérence des analyses, détecter d’éventuelles anomalies et, dans certains cas, recommander des examens complémentaires.

Des missions qui vont au-delà des analyses

Les missions du pharmacien biologiste médical ont fortement évolué ces dernières années. L’Ordre national des pharmaciens a d’ailleurs travaillé avec plusieurs institutions professionnelles pour formaliser vingt missions principales du biologiste médical.

Parmi ses missions figurent notamment :

  • la validation et l’interprétation des résultats biologiques ;
  • le conseil auprès des médecins ;
  • la participation à la prévention et au dépistage ;
  • l’accompagnement des patients ;
  • la surveillance épidémiologique ;
  • la participation à l’exercice coordonné avec d’autres professionnels de santé ;
  • la qualité et la sécurité des analyses ;
  • la gestion des risques biologiques ;
  • la participation à la recherche et à l’innovation.

L’Ordre national des pharmaciens rappelle aussi que le biologiste médical joue un rôle d’accompagnement du patient, notamment dans l’interprétation des résultats et l’orientation vers une prise en charge adaptée.

Où exerce le pharmacien biologiste médical ?

Le pharmacien biologiste médical peut exercer dans différents environnements :

  • laboratoires de biologie médicale privés ;
  • hôpitaux publics ;
  • cliniques ;
  • établissements de santé ;
  • centres spécialisés ;
  • instituts de recherche ;
  • industrie pharmaceutique ou biotechnologique.

Des études longues et très sélectives

Pour devenir pharmacien biologiste médical, il faut suivre un parcours long, comparable à celui des autres spécialités médicales.

Première étape : les études de pharmacie

L’étudiant commence par intégrer une filière pharmacie après une première année d’accès aux études de santé (PASS ou LAS). Les études de pharmacie durent six ans pour le cursus classique conduisant au diplôme d’État de docteur en pharmacie.

Deuxième étape : l’internat de biologie médicale

Pour exercer comme biologiste médical, le pharmacien doit ensuite réussir le concours de l’internat en pharmacie.

Une fois admis, il suit un diplôme d’études spécialisées (DES) de biologie médicale. Cette formation dure quatre ans. Elle comprend :

  • des stages hospitaliers ;
  • des enseignements théoriques ;
  • une formation pratique en laboratoire ;
  • l’apprentissage des techniques analytiques ;
  • l’interprétation clinique des résultats.

Durant son cursus, l’interne se spécialise dans différentes disciplines :

  • biochimie ;
  • microbiologie ;
  • hématologie ;
  • immunologie ;
  • génétique ;
  • biologie moléculaire.

Une profession réglementée

Comme l’ensemble des pharmaciens exerçant en France, le pharmacien biologiste médical doit obligatoirement être inscrit au tableau de l’Ordre national des pharmaciens pour pouvoir exercer légalement. Les biologistes médicaux pharmaciens relèvent de la section G de l’Ordre des pharmaciens. Cette section représente les pharmaciens exerçant en laboratoire de biologie médicale, dans le secteur privé comme hospitalier.

L’Ordre vérifie notamment :

  • les diplômes ;
  • les garanties de compétence ;
  • la moralité professionnelle ;
  • l’indépendance professionnelle ;
  • les conditions d’exercice.

Comment s’inscrire au tableau de l’Ordre ?

Le pharmacien biologiste médical exerçant en métropole doit adresser sa demande à la section G de l’Ordre national des pharmaciens.

Le dossier d’inscription comprend notamment :

  • le formulaire de demande d’inscription ;
  • les justificatifs de diplôme ;
  • les pièces d’identité ;
  • les documents relatifs à l’activité professionnelle ;
  • différents justificatifs administratifs.

Les "docteurs juniors" de troisième cycle en biologie médicale doivent eux aussi être inscrits sur un tableau spécifique tenu par l’Ordre dans les trois mois suivant leur nomination.

Une profession confrontée à des besoins de renouvellement

La démographie des pharmaciens biologistes médicaux fait régulièrement l’objet d’alertes de la profession. Dans une publication de l’Ordre, Philippe Piet, président de la section G, évoquait une diminution progressive des effectifs et une pyramide des âges préoccupante.

Actuellement de 7000 environ, l’effectif des pharmaciens biologistes médicaux subit chaque année une perte nette de 100 qui va s’accroître exponentiellement étant donné la pyramide des âges.

La profession connaît également de profondes transformations :

  • automatisation des analyses ;
  • développement de la biologie moléculaire ;
  • montée en puissance des données de santé ;
  • développement de l’intelligence artificielle ;
  • nouveaux outils de diagnostic rapide.

Un métier de plus en plus tourné vers le parcours de soins

Le pharmacien biologiste médical ne travaille plus uniquement “dans son laboratoire”. Il participe désormais davantage à la coordination des soins.

L’Ordre national des pharmaciens souligne que le biologiste médical est intégré à l’exercice coordonné entre professionnels de santé, notamment dans les structures pluriprofessionnelles ou les parcours complexes.

Son expertise peut aider :

  • à adapter un traitement ;
  • à détecter précocement certaines pathologies ;
  • à suivre l’efficacité d’une thérapie ;
  • à prévenir certaines complications ;
  • à accompagner les patients atteints de maladies chroniques.

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