• Les pharmacies n’ont pas été épargnées par les violences commises en marge des manifestations du samedi 17 octobre.
  • Le 19 octobre, l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), reçue à Bercy, a demandé des mesures d’urgence pour les établissements sinistrés : accélération des indemnisations, accompagnement des dossiers et soutien aux pharmacies contraintes de fermer plusieurs jours.
  • Alors que les dégâts sont encore en cours d’évaluation, de nouveaux appels à se mobiliser circulent pour samedi 24 octobre.
  • Selon InfOccitanie, plusieurs dizaines d’actions figurent déjà sur une carte diffusée par un site relayant la mobilisation des gilets jaunes.
  • Ces appels ne permettent toutefois de présumer ni du déroulement des rassemblements ni de la survenue de nouvelles violences.
  • Pour les employeurs comme pour les salariés, plusieurs décisions doivent néanmoins être anticipées : faut-il venir travailler, quelles tâches peuvent être réalisées et comment seront traitées les heures de fermeture ?

La sécurité doit précéder la reprise

Une vitrine provisoirement condamnée ne suffit pas à garantir que les locaux sont utilisables. Après des dégradations, l’évaluation doit porter sur les accès, l’installation électrique, les équipements endommagés, les débris et les risques d’intrusion.

L’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale des salariés. Cette obligation concerne également les opérations de rangement et de nettoyage : demander à l’équipe de remettre les lieux en état ne dispense pas d’évaluer les dangers et de prévoir les protections adaptées.

Avant le 24 octobre, préciser les consignes

L’annonce d’un rassemblement à proximité ne commande pas automatiquement une fermeture. Elle invite en revanche à examiner les informations locales et à préparer une organisation compréhensible par tous.

Une consigne écrite peut préciser les horaires maintenus ou adaptés, la personne à joindre si l’accès devient impossible et la conduite à tenir en cas de menace. Si une fermeture anticipée est envisagée, les salariés doivent aussi savoir comment ils seront informés et quel régime s’appliquera aux heures non travaillées.

Fermer la pharmacie ne supprime pas automatiquement le salaire

Lorsque l’employeur ne fournit pas de travail à un salarié qui reste à sa disposition, la rémunération demeure, en principe, due. La Cour de cassation a rappelé cette obligation dans un arrêt du 26 novembre 2025. Une fermeture ne peut donc pas être assimilée spontanément à une absence personnelle du salarié ou à un congé sans solde.

Il faut toutefois distinguer cette situation d’un placement régulier en activité partielle, ou d’un autre régime permettant de suspendre les obligations du contrat. Les conséquences d’une éventuelle force majeure nécessitent également une appréciation particulière : tout dommage matériel ne suffit pas à la caractériser.

L’activité partielle reste une démarche de l’employeur

Une fermeture ou une réduction des horaires consécutive à un sinistre ou à des circonstances exceptionnelles peut justifier une demande d’activité partielle. L’employeur doit établir le lien entre les événements et l’impossibilité de maintenir le travail.

Dans ces situations, il dispose de 30 jours à compter du placement des salariés en activité partielle pour déposer sa demande. Cette possibilité de dépôt après le début de la période ne constitue pas une dispense d’autorisation administrative.

La consultation du CSE sur ce dispositif concerne les entreprises d’au moins 50 salariés. En cas de circonstances exceptionnelles, son avis peut être transmis dans les deux mois suivant le dépôt de la demande. Ce délai ne doit pas être confondu avec celui de 30 jours. entreprendre.

« À 100 % » : ne pas promettre trop vite un salaire intégral

Le 19 octobre, Sébastien Lecornu a annoncé le déclenchement du chômage partiel « à 100 % » dès mardi 20 octobre. Mais la déclaration officielle ne détaille pas l’assiette, les plafonds ou le calcul individuel des indemnités.

La prise en charge accordée à l’employeur et le montant versé au salarié doivent être distingués. En attendant les modalités opérationnelles, cette annonce ne permet pas de garantir à chaque adjoint ou préparateur le maintien intégral de son salaire brut ou net.

Le droit de retrait s’apprécie à partir du danger réel

Un salarié peut se retirer d’une situation de travail lorsqu’il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Il doit alerter immédiatement son employeur et n’a pas à attendre son autorisation. Son retrait ne doit pas créer un nouveau danger grave et imminent pour d’autres personnes.

Une manifestation annoncée ne suffit pas, à elle seule, à justifier ce droit. En revanche, une menace directe, une tentative d’intrusion ou des équipements dangereux doivent être examinés au regard des circonstances et des protections disponibles.

L’exercice légitime du droit de retrait ne peut entraîner ni sanction ni retenue de salaire. L’employeur ne peut pas demander la reprise tant qu’un danger grave et imminent persiste.

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