Le cadre général des études dentaires en France
La formation universitaire menant au diplôme d’État de chirurgien-dentiste relève du ministère chargé de l’Enseignement supérieur et du Code de l’éducation. Elle se déroule exclusivement à l’université, au sein des unités de formation et de recherche (UFR) d’odontologie, et conduit à un diplôme national obligatoire pour exercer.
La durée totale des études est fixée à six années minimum, comprenant une phase socle et une phase d’approfondissement. L’accès à ces études est régulé, avec un nombre de places déterminé chaque année par arrêté ministériel.
Reconversion et accès aux études : un principe reconnu
Le ministère de l’Enseignement supérieur reconnaît explicitement la possibilité, pour des adultes en reconversion, de reprendre des études universitaires, y compris dans le champ de la santé. Le Code de l’éducation prévoit plusieurs mécanismes permettant de tenir compte de l’âge, du parcours antérieur et de l’expérience professionnelle.
Ainsi, l’accès aux études dentaires peut se faire :
- par les voies classiques de sélection post-baccalauréat,
- par des dispositifs spécifiques ouverts aux personnes ayant déjà suivi un cursus supérieur,
- ou par des mécanismes de reconnaissance des acquis.
L’accès par les parcours d’entrée en études de santé
Depuis la réforme des études de santé de 2020, l’accès aux filières médicales (dont l’odontologie) ne passe plus par la PACES. Les étudiants empruntent désormais deux voies principales : le PASS ou une licence avec option santé (LAS).
- le Parcours d’accès spécifique santé (PASS),
- les Licences avec option “accès santé” (L.AS).
Ces parcours sont ouverts aux bacheliers mais aussi aux personnes titulaires d’un diplôme équivalent ou d’un titre reconnu par l’État. Les textes réglementaires ne fixent aucune limite d’âge pour candidater.
Les universités examinent les dossiers sur la base :
- des résultats académiques,
- de la cohérence du projet,
- et des capacités à suivre un cursus scientifique exigeant.
Pour une personne en reconversion, il est donc juridiquement possible d’intégrer un PASS ou une L.AS, sous réserve de répondre aux critères académiques fixés localement.
Les prérequis académiques attendus
Même en reconversion, l’accès aux études dentaires implique des prérequis précis, définis par les universités dans le cadre national :
- Un niveau scientifique solide, en particulier en biologie, chimie et sciences de la vie
- Un diplôme de niveau baccalauréat ou équivalent, reconnu par l’État
- Une capacité démontrée à suivre un volume de travail important, conforme aux exigences universitaires
Pour les candidats dont le parcours initial est éloigné des sciences, certaines universités recommandent (sans les rendre obligatoires) des remises à niveau ou des formations préparatoires.
Les passerelles universitaires pour les profils en reconversion
L’État a prévu des passerelles d’accès direct vers les études de santé, destinées à des personnes ayant déjà validé un diplôme de l’enseignement supérieur. Ces passerelles sont encadrées par arrêté et permettent une intégration directe en deuxième ou troisième année, sans repasser par la première année.
Peuvent notamment candidater :
- les titulaires d’un master,
- les diplômés de certaines écoles reconnues par l’État,
- les titulaires de diplômes de doctorat.
La sélection repose sur un dossier et un entretien devant un jury universitaire. Là encore, aucun critère d’âge n’est prévu par les textes.
Le cas particulier des professions dentaires hors chirurgie
Pour les personnes souhaitant travailler dans le secteur dentaire sans viser le diplôme de chirurgien-dentiste, d’autres parcours existent, également reconnus par l’État.
Le métier de prothésiste dentaire relève d’un cursus diplômant (CAP, BTS, titres RNCP), accessible en formation initiale, en alternance ou dans le cadre de la formation professionnelle continue. Ces formations peuvent être intégrées à tout âge, sous réserve de satisfaire aux conditions d’admission fixées par les établissements et les diplômes nationaux concernés.
Articulation avec les dispositifs de reconversion professionnelle
Pour les adultes en reconversion, l’inscription à l’université peut s’articuler avec les dispositifs publics existants. Le ministère du Travail prévoit que certaines formations universitaires longues puissent être intégrées dans un projet de transition professionnelle, sous conditions.
Le Compte personnel de formation (CPF) peut être mobilisé pour financer certaines unités d’enseignement, droits universitaires ou formations préparatoires, lorsque celles-ci sont éligibles. Les demandeurs d’emploi peuvent être accompagnés par France Travail, qui évalue la cohérence du projet et oriente vers les dispositifs compatibles avec une reprise d’études.
Les universités disposent également de services dédiés à la formation tout au long de la vie, chargés d’accompagner les publics adultes dans leurs démarches administratives et pédagogiques.
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