Deux stages de six mois dans le nouveau cursus officinal

La réforme du troisième cycle court redessine la dernière année de formation des étudiants qui s’orientent vers l’exercice officinal.

Le DES de pharmacie officinale repose désormais sur deux périodes de stage de six mois, réalisées dans deux officines différentes.

Le dispositif comporte également une dimension territoriale : l’une des deux périodes doit être réalisée dans une zone caractérisée par une offre de soins insuffisante ou par des difficultés d’accès aux soins.

L’objectif est de confronter le futur pharmacien à deux environnements professionnels distincts et de renforcer progressivement son autonomie dans l’exercice officinal.

Une gratification portée à 1 114 euros brut par mois

La réforme s’accompagne d’une revalorisation substantielle de la gratification des étudiants du DES officinal. Pour les stages concernés, le montant prévu est de 1 114 euros brut par mois.

Cette somme est versée directement à l’étudiant par la structure qui l’accueille.

Pourquoi l’Assurance Maladie verse-t-elle une compensation à l'officine ?

Le principe est celui d'une prise en charge partielle et différée du surcoût lié à la gratification revalorisée.

L’arrêté du 31 juillet 2026 prévoit que le montant mensuel de la compensation correspond à la différence entre la gratification brute versée au stagiaire, retenue dans la limite de 1 114 euros et majorée des cotisations patronales, et la gratification minimale prévue par l’article L. 124-6 du Code de l’éducation.

  • le montant brut de la gratification versée au stagiaire, retenu dans la limite de 1 114 euros ;
  • les cotisations patronales afférentes à cette gratification ;
  • et le montant correspondant à la gratification minimale prévue par le Code de l’éducation, soit 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale.

3 537 euros pour six mois : ce que recouvre réellement ce montant

Pour l'année universitaire 2026-2027, l'arrêté fixe forfaitairement la compensation à 3 537 euros pour un stage de six mois effectué sur la durée légale complète du travail.

La base retenue est de :

  • 6 mois de stage ;
  • 151,67 heures par mois ;
  • soit 910,02 heures sur l'ensemble de la période.

Le montant de 3 537 euros correspond donc à une compensation calculée selon les paramètres réglementaires définis par l'arrêté. Il ne s'agit pas d'une somme venant s'ajouter aux 1 114 euros mensuels versés à l'étudiant.

Qui paie quoi ?

Le circuit financier mérite d'être clairement distingué.

L'étudiant :

  • perçoit une gratification de 1 114 euros brut par mois ;
  • cette gratification est versée par la pharmacie dans laquelle il effectue son stage ;
  • il ne perçoit pas directement les 3 537 euros de compensation.

L'officine :

  • accueille l'étudiant pendant six mois ;
  • verse chaque mois sa gratification ;
  • supporte le coût correspondant, notamment les éventuelles cotisations patronales ;
  • constitue ensuite le dossier permettant de solliciter la compensation.

L'Assurance Maladie :

  • ne verse pas directement la gratification au stagiaire ;
  • intervient au titre du mécanisme de compensation ;
  • verse la somme à la structure d'accueil après la fin du stage et sur présentation des justificatifs requis.

Une compensation versée après le stage

C'est un point qui intéressera directement les titulaires et les responsables d'officine : la compensation n'est pas versée mensuellement.

Elle intervient au terme du stage.

Pour obtenir le versement, le responsable de la structure d'accueil doit adresser une demande à la CPAM dont il relève.

Le dossier doit notamment comporter :

  • les bulletins de paie établis pendant la période de stage ;
  • la convention de stage signée ;
  • l'attestation de stage ;
  • la copie de l'agrément du maître de stage.

Le coût doit donc être avancé par l'officine

Le mécanisme présente une conséquence pratique : la compensation ne dispense pas l'officine de financer la gratification pendant toute la durée du stage.

Pendant six mois, la pharmacie verse donc chaque mois les sommes dues au stagiaire. La compensation intervient ensuite.

Pour le titulaire, la question n'est donc pas uniquement celle du montant théorique de la prise en charge. Elle porte également sur le décalage de trésorerie entre le paiement de la gratification et le remboursement par l'Assurance Maladie.

Le montant de 3 537 euros constitue par ailleurs un plafond forfaitaire pour une période complète de six mois dans les conditions prévues par le texte. En cas d'absence du stagiaire ne donnant pas lieu au maintien de la gratification, la compensation est réduite proportionnellement au nombre d'heures d'absence.

Pourquoi ce mécanisme accompagne-t-il la réforme ?

La revalorisation de la gratification ne constitue qu'un volet de la réforme.

En faisant évoluer la dernière année du cursus vers deux stages de six mois dans deux officines différentes, dont l'une doit répondre à un objectif territorial, le législateur renforce le poids de la formation en situation professionnelle.

Pour les officines, cette évolution signifie aussi davantage de dépenses liées à l'accueil et à l'accompagnement des futurs pharmaciens.

La compensation financière répond à cette équation : revaloriser la gratification du stagiaire sans laisser l'intégralité du différentiel de coût à la charge de la structure d'accueil.

Le dispositif ne transforme toutefois pas l'Assurance Maladie en organisme payeur de la gratification. Le débiteur de la gratification reste la structure qui accueille le stagiaire ; l'Assurance Maladie intervient ensuite pour compenser une partie du coût selon les modalités réglementaires.

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