Cette consultation vise à recueillir la parole des pharmaciens inscrits à l’Ordre ainsi que celle des docteurs juniors en pharmacie, afin d’établir un état des lieux des violences sexistes et sexuelles (VSS) subies dans le cadre professionnel, mais aussi d’évaluer le rapport de la profession à cette problématique.

Une profession appelée à témoigner

Le questionnaire est diffusé depuis le 28 avril 2026 et restera accessible jusqu’au 26 mai 2026. Il est transmis par courrier électronique via un lien individualisé envoyé par Viavoice, institut d’études indépendant mandaté pour conduire l’opération.

L’Ordre précise que l’ensemble des réponses sera traité de manière anonyme. Un point central pour espérer libérer la parole sur un sujet encore marqué par la crainte de représailles, la banalisation de certains comportements ou le sentiment que signaler ne sert à rien.

Les VSS en santé sous surveillance renforcée

Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large. Depuis plusieurs années, les violences sexistes et sexuelles dans les professions de santé font l’objet d’une attention croissante. Témoignages, enquêtes sectorielles et remontées de terrain ont mis en lumière une fréquence importante de situations allant des propos déplacés au harcèlement, jusqu’aux agressions sexuelles.

Face à ces constats, le gouvernement a présenté en janvier 2025 un plan national de lutte et de prévention contre les VSS dans le secteur de la santé. L’objectif affiché : "mieux prévenir, mieux signaler, mieux sanctionner et mieux accompagner les victimes".

Pour la pharmacie, cette enquête marque une étape importante : disposer enfin de données propres à la profession, plutôt que de se limiter à des constats globaux englobant l’ensemble du monde médical.

Pourquoi cette enquête peut changer les pratiques

Dans de nombreux secteurs, l’absence de chiffres fiables freine les actions concrètes. Sans mesure précise, difficile d’identifier les lieux à risque, les catégories de professionnels les plus exposées, les freins au signalement ou les besoins en accompagnement.

Les résultats attendus devraient permettre à l’Ordre de définir des actions ciblées, notamment sur plusieurs axes :

  • sensibilisation des équipes et des managers ;
  • prévention des comportements inappropriés ;
  • amélioration des dispositifs d’alerte ;
  • accompagnement des victimes ;
  • diffusion de bonnes pratiques dans les structures employeuses.

Un enjeu générationnel pour la pharmacie

L’intégration des docteurs juniors dans le périmètre de l’enquête n’est pas anodine. Les jeunes professionnels, en stage ou en début de carrière, peuvent se retrouver en situation de vulnérabilité face à des rapports hiérarchiques marqués ou à une dépendance vis-à-vis de leur validation de parcours.

Leur participation permettra de mieux comprendre si certaines étapes de la formation ou de l’entrée dans la vie active exposent davantage aux comportements sexistes ou aux abus.

Plus la mobilisation sera forte, plus les résultats seront utiles

L’Ordre insiste sur un point : la fiabilité des conclusions dépendra directement du taux de participation. Plus les répondants seront nombreux, plus les données recueillies seront représentatives de la diversité des métiers et des modes d’exercice.

Pour la profession pharmaceutique, cette enquête constitue donc un moment important. Elle offre la possibilité de transformer des situations souvent tues en indicateurs concrets, puis en actions mesurables. Un passage nécessaire pour faire progresser durablement les conditions d’exercice.

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