Jusqu’ici, la certification périodique restait pour beaucoup une exigence encore abstraite. La publication des référentiels change la donne en précisant les attendus. Élaborés par le Conseil national professionnel de la pharmacie, ces référentiels détaillent les actions à mener sur une période de six ans.

Pour les pharmaciens, le parcours repose sur quatre axes, avec un minimum de trois actions pour les deux premiers et de deux actions pour les suivants. Les pharmaciens biologistes médicaux doivent, eux, valider deux actions par axe sur la même durée.

Ce cadre permet de passer d’un principe général à une logique de suivi plus concrète des compétences. En revanche, tous les outils ne sont pas encore en place.

Le téléservice « MaCertif’Pro Santé », censé centraliser les parcours, n’est pas encore opérationnel. Dans l’intervalle, les professionnels sont invités à conserver leurs justificatifs.

Une donnée qui s’invite progressivement dans les recrutements

Même si elle n’est pas encore formalisée comme un critère d’embauche, la certification périodique commence à s’inscrire dans les échanges entre recruteurs et candidats. Une aubaine qui intervient là où les tensions de recrutement persistent, notamment en officine, les employeurs cherchent des repères pour évaluer rapidement les profils.

L’engagement dans une démarche de certification peut ainsi être perçu comme un signal positif.

Pour les candidats, cela ouvre une nouvelle manière de valoriser leur parcours, au-delà de l’expérience ou des diplômes.

À terme, mentionner l’avancement de sa certification pourrait devenir aussi naturel que présenter ses formations continues.

Un sujet qui dépasse la responsabilité individuelle

La certification périodique ne concerne pas uniquement les pharmaciens à titre individuel. Elle commence aussi à s’inscrire dans les réflexions des employeurs.

Suivi des obligations, anticipation des besoins en formation, organisation du temps de travail : autant de dimensions qui relèvent désormais, en partie, de la gestion des équipes.

Sans constituer une contrainte immédiate, ce nouveau cadre incite les structures à mieux accompagner les salariés, notamment pour éviter les retards ou les situations de non-conformité à moyen terme.

Une phase transitoire à gérer pour les employeurs

La situation actuelle reste marquée par une forme de transition. Les référentiels sont publiés, mais les outils de suivi ne sont pas encore pleinement opérationnels.

Cette période intermédiaire peut générer des incertitudes, tant pour les professionnels que pour les recruteurs, qui manquent encore de visibilité sur les modalités concrètes de pilotage.

Dans cette attente, la prudence reste de mise, avec une recommandation simple : tracer les actions réalisées et anticiper progressivement les obligations à venir.

Une évolution à intégrer dans les pratiques RH

À mesure que le dispositif va se construire la certification périodique pourrait trouver sa place dans les pratiques de recrutement et de gestion des carrières.

Sans bouleverser immédiatement le marché de l’emploi pharmaceutique, elle participe à une évolution plus large : celle d’un suivi renforcé des compétences tout au long de la vie professionnelle.

Côté employeurs comme candidats, l’enjeu est désormais d’anticiper cette transformation... plutôt que de la subir.

Sources

Arrêté du 26 février 2026 (publication des référentiels)

À lire ici

Ordre national des Pharmaciens

À lire ici