• La rentrée universitaire coûte de plus en plus cher. C'est le constat dressé par la Fage dans son baromètre annuel, dont les résultats ont été révélés en exclusivité par franceinfo ce mercredi 2 septembre.
  • Pour un étudiant de 19 ans entrant en première année de licence, non boursier et ne vivant plus chez ses parents, le montant atteint 3 240 euros en 2026. La fédération parle d'un « nouveau record ».
  • Depuis 2020, la progression atteint 25,38 %, soit 655,74 euros supplémentaires en six ans.
  • Dans cette enveloppe, 2 095 euros correspondent aux dépenses directement liées à la rentrée universitaire, tandis que 1 145 euros sont consacrés aux dépenses courantes.
  • La situation est encore plus coûteuse dans les territoires ultramarins : la Fage évalue le budget nécessaire à 4 475 euros.
  • « En 2026, il faut désormais plus de 3 200 euros pour faire face aux dépenses de rentrée et de vie courante »
  • La fédération estime que cette augmentation a des conséquences directes sur le quotidien des étudiants. « Derrière cette augmentation, ce sont des étudiants qui travaillent davantage pour financer leurs études, renoncent à des dépenses essentielles, limitent toujours plus leur alimentation ou repoussent des soins », déplore-t-elle.

Le logement absorbe une part importante du budget

Sans surprise, le logement demeure le principal poste de dépenses pris en compte dans le baromètre.

Pour 2026, la Fage estime son coût moyen à 637 euros, contre 581 euros l'année précédente. En un an, la progression atteint donc 9,6 %.

Cette situation conduit la fédération à réclamer plusieurs mesures concernant le logement étudiant. Elle demande notamment un « meilleur contrôle du respect » de l'encadrement des loyers, mais aussi le « retour de l'universalité des APL ».

La Fage souhaite également accélérer la « construction massive » de logements Crous et demande le « gel » de leurs « loyers et charges locatives ».

Sur franceinfo, la présidente de la Fage, Suzanne Nijdam, met notamment en avant le manque de logements universitaires publics. Elle évoque « un logement Crous pour 17 étudiants », une proportion qui peut atteindre « 35 dans des zones tendues » comme Paris.

Alimentation : 20 % des étudiants ne mangeraient pas à leur faim

Autre sujet soulevé par le baromètre : l'alimentation.

La Fage chiffre à 181 euros les dépenses alimentaires intégrées au budget étudiant retenu pour 2026. Ce montant est inférieur de 12,6 % à celui calculé l'année précédente.

Pour autant, cette diminution ne signifie pas nécessairement que les étudiants disposent de davantage de marge financière. La fédération affirme que « 20% des étudiants et étudiantes ne mangent pas à leur faim ».

« Avec l'augmentation des loyers, des charges et des prix, l'alimentation devient trop souvent le premier sacrifice du budget étudiant », alerte-t-elle.

Pour répondre à cette situation, la Fage réclame la « pérennisation » du repas à 1 euro ainsi qu'une « réforme des bourses structurelle ».

Le repas à 1 euro accessible à tous

Les étudiants disposent déjà d'un dispositif permettant de réduire leur budget alimentaire : le repas Crous à 1 euro.

Depuis mai 2026, le tarif à 1 euro est accessible à l'ensemble des étudiants, et non plus uniquement aux étudiants boursiers ou en situation de précarité. Il s'applique dans les restaurants universitaires Crous concernés.

Les étudiants peuvent également se rapprocher du service social de leur Crous lorsqu'ils rencontrent des difficultés financières importantes.

Étudiants étrangers : une rentrée qui peut dépasser 7 000 euros

La Fage porte cette année une attention particulière aux étudiants étrangers originaires de pays situés hors de l'Union européenne.

Pour ces étudiants, son baromètre estime le coût de la rentrée à 7 023 euros.

Une partie importante de cette différence s'explique par les droits d'inscription appliqués à certains étudiants extra-européens. La Fage chiffre ceux-ci à 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master.

La fédération considère ces étudiants comme étant « en première ligne face à cette précarité ».

Elle réclame notamment le « retrait de mesures dangereuses et xénophobes », citant la « suppression des APL » et le « doublement du coût du titre de séjour étudiant ». Elle demande également « l'accès aux bourses sur critères sociaux » pour ces étudiants.

Des dépenses supplémentaires liées aux études

Le budget ne s'arrête pas au loyer, à l'alimentation ou aux dépenses du quotidien. La Fage prend également en compte différents frais directement associés aux études.

Selon son baromètre, les frais spécifiques s'échelonnent de 105 euros en licence à 398 euros en master.

La fédération dénonce par ailleurs l'existence de « frais supplémentaires illégaux ». Elle cite notamment l'achat de « livres, matériel, logiciels ou équipements ».

Ces dépenses représentent en moyenne 214 euros. Dans certaines formations, elles peuvent être nettement supérieures. Pour les étudiants en odontologie, l'Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire évoque ainsi un montant pouvant atteindre 800 euros en moyenne.

Quelles aides pour alléger le budget étudiant ?

Le montant de 3 240 euros doit être interprété avec précaution : il correspond à un profil précis défini par la Fage. Il s'agit d'un étudiant primo-arrivant de 19 ans, entrant en licence 1, non boursier et quittant le domicile familial.

Tous les étudiants ne sont donc pas confrontés à cette même dépense. Plusieurs dispositifs peuvent par ailleurs contribuer à réduire le montant restant à leur charge.

La bourse sur critères sociaux

La bourse du Crous est attribuée en fonction notamment des revenus du foyer fiscal, de la situation familiale et de la distance entre le domicile et le lieu d'études.

La demande s'effectue via le Dossier social étudiant (DSE). Un simulateur permet également d'estimer son éventuelle éligibilité.

Les aides au logement

Un étudiant peut, selon sa situation, bénéficier d'une aide au logement versée par la Caf. Le montant dépend notamment des ressources, du logement et de la situation du demandeur.

Les aides peuvent prendre la forme de l'APL ou de l'ALS selon les caractéristiques du logement et la situation de l'étudiant.

Les aides spécifiques du Crous

Les étudiants confrontés à une difficulté financière ponctuelle peuvent solliciter une aide spécifique ponctuelle auprès du Crous.

Cette aide peut être accordée après évaluation de la situation par un assistant de service social. Elle est notamment accessible aux étudiants boursiers comme aux non-boursiers.

Une allocation annuelle existe également pour les étudiants qui se trouvent dans certaines situations particulières et ne peuvent pas bénéficier de la bourse sur critères sociaux.

Le repas à 1 euro

Depuis mai 2026, tous les étudiants peuvent accéder au repas à 1 euro dans les restaurants Crous, sous réserve des modalités pratiques liées au service.

Pour les étudiants disposant de ressources limitées, ce dispositif peut représenter une économie significative sur le budget mensuel consacré à l'alimentation.

Les aides à la mobilité

Les étudiants peuvent aussi bénéficier de différentes aides lorsqu'ils doivent changer de ville ou effectuer une mobilité dans le cadre de leurs études.

Selon leur situation, il peut notamment s'agir d'aides liées à Parcoursup, à l'entrée en master ou à un séjour à l'étranger.

Les collectivités territoriales proposent par ailleurs leurs propres dispositifs. Les montants et critères varient selon les régions, départements ou communes.

La Fage demande une évolution du système des bourses

Pour la Fage, ces différents dispositifs ne suffisent pas à répondre à l'augmentation du coût des études.

La fédération demande au Sénat « d'adopter la proposition de loi votée par l'Assemblée nationale, qui prévoit l'indexation des bourses sur l'inflation ainsi que leur annualisation ».

Elle s'oppose également à toute nouvelle hausse des frais d'inscription et réclame « la gratuité des transports ou a minima la mise en place d'une tarification étudiante dans les villes étudiantes ».

La Fage demande par ailleurs « la prise en charge par l'Etat des frais complémentaires nécessaires à la réussite » ainsi que « la suppression en urgence des frais complémentaires obligatoires illégaux ».

Interrogée par franceinfo, Suzanne Nijdam regrette de son côté le manque « d'actions politiques » depuis la crise sanitaire liée au Covid-19.

Comment la Fage calcule-t-elle le coût de la rentrée ?

Le chiffre de 3 240 euros ne correspond pas à une moyenne de l'ensemble des étudiants français.

La Fage utilise un profil type : un étudiant de 19 ans, entrant en première année de licence ou dans une formation équivalente, non boursier, inscrit à l'université et ne vivant plus chez ses parents.

Le calcul additionne les dépenses de vie courante et les frais spécifiques associés à la rentrée universitaire pour le mois de septembre.

La fédération établit ensuite des montants pour les différentes régions françaises, avant de calculer une moyenne pondérée en fonction du nombre d'étudiants.

Source : Fage, baromètre du coût de la rentrée 2026, chiffres dévoilés par franceinfo le 2 septembre 2026.

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