Avant de s’engager, il est indispensable de poser un certain nombre de questions précises. Elles permettent de vérifier que le stage sera formateur, régulier et sécurisé, tant pour l’étudiant que pour le praticien.

1. Le cabinet est-il autorisé à accueillir un stagiaire ?

Cette question est fondamentale, car tous les cabinets ne peuvent pas recevoir des étudiants.

Avant toute chose, il convient de vérifier :

  • que le chirurgien-dentiste est inscrit au tableau de l’Ordre ;
  • qu’il est habilité par l’université à accueillir un stagiaire ;
  • que le stage s’inscrit dans un dispositif reconnu par l’UFR d’odontologie.

L’Ordre national des chirurgiens-dentistes rappelle que l’accueil d’un étudiant en dehors de ce cadre constitue une irrégularité, susceptible d’engager la responsabilité disciplinaire du praticien.

À poser clairement : Êtes-vous habilité à recevoir des stagiaires dans le cadre universitaire ?

2. Le stage est-il officiellement intégré au cursus universitaire ?

Un stage en cabinet dentaire n’est jamais une initiative individuelle. Il doit obligatoirement :

  • correspondre à une période prévue par la formation,
  • répondre à des objectifs pédagogiques définis,
  • faire l’objet d’une convention de stage tripartite, signée avant le début du stage.

Cette convention lie :

  • l’étudiant,
  • l’établissement d’enseignement,
  • le chirurgien-dentiste accueillant.

Sans ce document, le stage n’a aucune existence légale.

Questions à poser :

  • Le stage a-t-il déjà été validé par l’UFR ?
  • Les objectifs pédagogiques sont-ils formalisés ?
  • La convention est-elle prête avant le premier jour ?

3. Qui sera mon maître de stage et quel sera son rôle réel ?

Le maître de stage n’est pas un simple référent administratif. Il joue un rôle central dans l’encadrement de l’étudiant.

Il est important de savoir :

  • qui sera le référent principal ;
  • si le praticien sera présent pendant les temps de stage ;
  • comment se déroulera le suivi pédagogique.

Le chirurgien-dentiste doit assurer un encadrement effectif et constant. L’étudiant ne peut pas être laissé seul face aux patients.

À clarifier : Qui m’encadrera au quotidien et comment se fera le suivi de mes activités ?

4. Quelles missions seront réellement confiées pendant le stage ?

Les missions confiées à un étudiant doivent être adaptées à son niveau de formation. Elles relèvent principalement :

  • de l’observation clinique,
  • de la participation aux soins sous supervision directe,
  • de la découverte de l’organisation du cabinet.

L’étudiant ne peut ni exercer en autonomie, ni remplacer le praticien, même temporairement.

5. Quel sera le rythme du stage et son organisation concrète ?

Le temps de présence en cabinet doit rester compatible avec les obligations universitaires. Il est important de s’informer sur :

  • le nombre de jours ou demi-journées par semaine ;
  • les horaires habituels du cabinet ;
  • l’organisation du planning (soins, urgences, gestion administrative).

Attention : un stage ne peut pas être assimilé à un temps de travail salarié.

À vérifier : Les horaires sont-ils compatibles avec mes cours et examens ?

6. Quelles sont les conditions matérielles et humaines d’accueil ?

Un stage se déroule dans un environnement professionnel qui influence directement l’expérience de l’étudiant.

Points à aborder :

  • travail en équipe (assistante dentaire, secrétariat) ;
  • organisation des flux patients ;
  • respect des règles d’hygiène et de sécurité.

Ces éléments sont essentiels pour comprendre le fonctionnement réel d’un cabinet.

7. Quelle couverture en cas d’incident ou de difficulté ?

La question de la responsabilité ne doit jamais être éludée.

Pendant le stage :

  • la responsabilité civile professionnelle du praticien couvre les actes réalisés sous sa supervision ;
  • l’étudiant bénéficie de la protection prévue par sa convention et son statut universitaire.

Les règles générales applicables aux stages sont rappelées par le Service public.

À demander : Les assurances et responsabilités sont-elles bien précisées dans la convention ?

8. Le stage est-il gratifié ou non ?

La plupart des stages en chirurgie dentaire ne donnent pas lieu à une rémunération. Toutefois, une gratification peut être prévue dans certains cas, selon la durée du stage et les règles générales applicables aux stages étudiants.

Tout élément financier doit être :

  • clairement mentionné,
  • intégré à la convention,
  • conforme à la réglementation.

9. Le stage peut-il ouvrir des perspectives professionnelles ?

Même s’il ne constitue pas un emploi, le stage peut permettre :

  • de découvrir un mode d’exercice ;
  • de nouer un premier contact professionnel ;
  • d’envisager un futur remplacement ou une collaboration.

Il est légitime de poser la question, sans en faire une condition.

À aborder avec mesure : Accueillez-vous parfois des remplaçants ou jeunes diplômés après les stages ?

10. Les signaux d’alerte à identifier avant de s’engager

Certains éléments doivent alerter :

  • absence de convention écrite ;
  • promesse d’autonomie excessive ;
  • missions éloignées de la formation ;
  • pression pour commencer rapidement, sans validation universitaire.

Dans ces situations, il est recommandé de se rapprocher de l’université ou de l’Ordre.

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