- Financer une partie de ses études en s’engageant à exercer, une fois diplômé, dans un territoire où l’accès aux soins est difficile : c’est le principe du contrat d’engagement de service public (CESP). Son extension à la pharmacie, prévue par la loi du 27 décembre 2023, a été précisée par le décret du 5 janvier 2026, applicable aux candidatures présentées depuis le 16 janvier.
- Le dispositif concerne les étudiants admis à poursuivre leur cursus après la première année, ainsi que ceux des années suivantes, à l’exception du parcours de pharmacie industrielle.
- Publié au Journal officiel du 20 octobre, l’arrêté du 16 octobre 2026 détaille le fonctionnement du contrat. Pour les futurs pharmaciens, il permet de mieux mesurer ce que représente cet engagement, depuis la constitution du dossier jusqu’au choix du lieu d’exercice.
Des règles fixées, des places à préciser
La publication du texte ne signifie pas que chaque étudiant éligible peut obtenir un contrat. Le nombre de CESP proposés doit être déterminé, pour chaque année universitaire et chaque établissement de formation, par un arrêté distinct. Le texte du 16 octobre organise la procédure ; il ne répartit pas les places entre les facultés.
Dans son point d’information du 29 octobre, l’Ordre national des pharmaciens précise ainsi qu’un autre arrêté viendra fixer le nombre de contrats pouvant être signés. La distinction a des conséquences concrètes : remplir les conditions de candidature ne garantit ni une sélection ni une allocation. Les contrats sont proposés aux candidats classés par ordre de mérite, dans la limite des places ouvertes.
Un projet professionnel à défendre
Le dossier comprend notamment les justificatifs d’identité et de scolarité, les relevés de notes et une lettre présentant le projet professionnel. Le mode et le lieu d’exercice envisagés font partie des éléments attendus.
La commission examine les résultats universitaires et le projet du candidat. Elle peut également prendre en compte des critères sociaux. Pour la pharmacie, elle réunit notamment des représentants de la faculté, de l’ARS, de l’Ordre, des pharmaciens d’officine et des étudiants. Une pré-évaluation peut conduire à un rejet ou à une acceptation sans entretien ; les autres candidats sont auditionnés.
Une allocation qui engage les premières années d’exercice
Le montant est fixé à 1 200 euros brut par mois. L’allocation est soumise à la CSG, à la CRDS et à l’impôt sur le revenu. Le texte prévoit une prise d’effet au 1er février suivant la date limite de transmission des listes des candidats retenus.
Un lieu d’exercice à préparer avec l’ARS
Le futur professionnel doit communiquer son choix dans l’année précédant la fin de ses études. Il peut proposer jusqu’à cinq lieux, classés par préférence. L’ARS examine notamment la localisation, les fonctions prévues et, le cas échéant, l’employeur.
Un changement de région reste possible, mais nécessite une démarche auprès des ARS concernées. Le contrat prévoit aussi des possibilités de suspension, notamment pour des raisons de santé ou de parentalité, ainsi que des demandes de report d’installation.