• Un médicament à délivrer, une posologie à expliquer, une livraison à contrôler : le métier de préparateur en pharmacie se construit autant dans les cours qu’au contact de l’équipe officinale.
  • L’alternance occupe donc une place centrale dans ce parcours. Mais le développement spectaculaire de l’apprentissage en France ne permet pas de présumer de la situation de chaque profession.
  • Dans la présentation de sa nouvelle étude sur les certifications préparées en apprentissage (date de publication : 4 novembre 2026), la Dares indique que le nombre de contrats a triplé entre 2017 et 2024.
  • Les certifications d’organismes privés représentent désormais 24 % des contrats commencés, contre 5 % en 2017. La pharmacie offre un autre point d’observation : la formation initiale de ses préparateurs s’est réorganisée autour d’un diplôme national universitaire, le DEUST.

En officine, moins de nouveaux contrats en 2024

Le bilan de l’alternance 2024 d’Opco EP recense 6 671 contrats d’apprentissage commencés dans la branche pharmacie d’officine, en baisse de 5 % sur un an. Les contrats de professionnalisation diminuent de 21 %, à 676. Au total, l’alternance représente 7 347 nouveaux contrats, hors Pro-A, soit un recul de 7 %.

Le DEUST préparateur/technicien en pharmacie concentre à lui seul 5 889 contrats d’apprentissage dans la branche, soit environ 88 % de ces entrées.

Préparateur : un intitulé qui ne raconte pas tout

Le nom évoque volontiers des gélules, des pommades et des pesées. Ces activités font partie des compétences du préparateur, mais elles ne résument pas son quotidien. En officine, il participe à la délivrance des médicaments, explique les modalités de prise et contribue à repérer les situations qui nécessitent l’intervention du pharmacien. Il assure aussi des tâches moins visibles : commandes, réception des produits, surveillance des dates de péremption et gestion des stocks.

Cette proximité avec les patients demande de la précision et de l’écoute. Une personne qui hésite sur son traitement, une ordonnance qui soulève une question ou une demande mal formulée appellent davantage qu’une réponse rapide. Savoir reformuler et solliciter le pharmacien fait partie du travail.

Le préparateur exerce sous la responsabilité et le contrôle effectif d’un pharmacien. Le Code de la santé publique précise que sa propre responsabilité pénale demeure engagée. Il ne peut pas se substituer au pharmacien pour les prérogatives attachées à son diplôme.

Du BP au DEUST : deux années qui changent de statut

La transformation du cursus s’est engagée en 2021 avec la création du diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques, spécialité préparateur/technicien en pharmacie. Le DEUST a progressivement remplacé le brevet professionnel pour les nouvelles promotions. La dernière session normale du BP a été organisée en 2024, avec une session de rattrapage en 2025.

Le parcours de référence est désormais une formation en deux ans après le baccalauréat, de niveau bac+2, correspondant à 120 crédits ECTS. La sélection s’effectue sur dossier, avec, selon les établissements, des tests ou un entretien. Pour les formations proposées sur Parcoursup, les candidats peuvent formuler des vœux en apprentissage.

L’enseignement associe l’université et les structures de formation partenaires, notamment les CFA. En apprentissage, l’étudiant est également salarié : il alterne formation théorique et activité chez son employeur. Le rythme dépend de l’établissement ; il n’existe pas un calendrier hebdomadaire unique pour tous les DEUST.

Ce que l’on apprend derrière les boîtes de médicaments

Le référentiel du DEUST couvre notamment l’accompagnement de la personne, la délivrance des produits de santé dans le cadre réglementaire, la réalisation de préparations, la gestion des stocks, la qualité et le travail en équipe.

L’intérêt de l’alternance tient à cette mise en pratique progressive. À titre d’exemple, une livraison peut devenir un exercice sur les conditions de conservation et la traçabilité ; une demande au comptoir, un apprentissage du questionnement et de l’orientation vers le pharmacien. Chaque situation permet de relier un enseignement à un geste professionnel.

Pour l’officine qui accueille l’apprenti, cela suppose de prévoir des explications, des retours sur les erreurs et une progression dans les tâches confiées. Le diplôme se prépare aussi dans la qualité de cet accompagnement quotidien.

Et après : rester en officine, se spécialiser, rejoindre l’hôpital

Le DEUST permet l’accès au métier de préparateur en pharmacie. Des poursuites d’études sont possibles, notamment vers certaines licences professionnelles, selon les conditions d’admission.

L’exercice hospitalier correspond à un parcours spécifique : le diplôme d’État de préparateur en pharmacie hospitalière se prépare en une année supplémentaire après le DEUST. Le travail s’inscrit alors dans l’organisation de la pharmacie hospitalière et de l’approvisionnement des services en produits de santé.