- Pendant longtemps, reprendre son activité après plusieurs années d'interruption relevait essentiellement d'une démarche administrative auprès du conseil départemental de l'Ordre.
- Mais les pratiques odontologiques ont profondément évolué ces dernières années : généralisation de la radiologie numérique, développement des flux numériques, nouvelles recommandations en matière d'hygiène, évolution des biomatériaux, place croissante de l'intelligence artificielle dans certains logiciels, modification des protocoles thérapeutiques ou encore évolution des exigences réglementaires.
- Ainsi, l'Ordre estime qu'une longue interruption peut entraîner une perte de compétences nécessitant une remise à niveau avant de retrouver une activité clinique.
- Le rapport d'activité 2025 indique ainsi qu'après plus de quatre ans sans exercice, un praticien souhaitant reprendre son activité devra suivre une formation complémentaire afin de garantir la qualité des soins.
Une mesure qui s'inscrit dans un renforcement du contrôle des compétences
Cette évolution ne constitue pas un dossier isolé.
Le rapport montre que le Conseil national travaille actuellement sur plusieurs dispositifs destinés à renforcer la vérification des compétences professionnelles.
Parmi eux figure notamment le contrôle systématique des compétences cliniques des praticiens diplômés dans l'Union européenne et hors Union européenne demandant leur inscription au tableau de l'Ordre, dont la généralisation est annoncée pour début 2027.
Les secrétaires généraux de l'Ordre expliquent également avoir entièrement revu les modalités d'inscription au tableau afin de mieux retracer le parcours professionnel des candidats, leurs expériences et leurs compétences avant toute autorisation d'exercice.
Des parcours professionnels de plus en plus variés
Les interruptions d'activité ne concernent plus uniquement les départs en retraite.
Un chirurgien-dentiste peut aujourd'hui interrompre son exercice pour de nombreuses raisons :
- congé maternité ou congé parental prolongé ;
- expatriation ;
- exercice dans une activité non clinique ;
- problème de santé ;
- engagement universitaire ou institutionnel ;
- reconversion temporaire.
Le contenu précis de cette remise à niveau n'est pas encore détaillé dans le rapport. Celui-ci confirme toutefois la volonté de l'Ordre de conditionner les reprises d'activité de longue durée à une actualisation des compétences.
Une profession qui évolue rapidement
Les chiffres publiés par l'Ordre illustrent une profession en mouvement.
En 2025, la France comptait 49 913 chirurgiens-dentistes en exercice, dont 82,11 % exerçaient en libéral, soit 40 788 praticiens. L'année a également enregistré 2 567 primo-inscriptions et 5 809 demandes d'inscription au tableau de l'Ordre.
Dans le même temps, les modalités d'exercice continuent d'évoluer :
- 1 452 sociétés d'exercice ont été créées en 2025 ;
- les demandes d'exercice multiple augmentent ;
- les dossiers liés aux praticiens diplômés à l'étranger se multiplient ;
- les départs vers l'étranger progressent, notamment vers la Suisse, le Luxembourg, Israël ou Dubaï.
Une évolution cohérente avec la future certification périodique
Le calendrier n'est pas anodin.
La profession s'apprête également à voir disparaître progressivement le Développement professionnel continu (DPC) au profit de la certification périodique, appelée à devenir le nouveau dispositif de maintien des compétences.
Le rapport rappelle d'ailleurs que seuls 67 % des chirurgiens-dentistes ont réalisé une action de DPC sur la période 2023-2025, ce qui signifie qu'environ un praticien sur trois n'a pas satisfait à cette obligation.
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